05 décembre 2007
Crap 102
Jeudi 26, Vendredi 27, Samedi 28, Dimanche 29, Lundi 30, Mardi 31 Juillet et Mercredi 1er Août 2007.
Aujourd'hui au supermarché, on peut voir une dame qui crie sa réduction sur les packs d'eau.
« Allez-y, vous avez 30 centimes de réduction sur l'eau Aquarel et Ricqles ! »
Je suis resté pas mal de temps à l'entendre braire, et je crois que sérieusement, elle a à peine accosté cinq clients.
Et l'autre à côté qui me fait rire ; si on achète des glaces, on repart avec une glacière offerte !
J 'imagine la scène : «
Oh, quelle offre ! Allons acheter de la glace pour avoir une glacière
de merde, comprise dans le prix de la glace, leur surplus de stock, ou
un produit défectueux ! »
En fait je sais pas, mais tous les moyens sont bons pour attirer le chaland.
Et ça fait penser à La Boule, le gros monsieur qui tape le gong dans Fort Boyard, qui vient vendre des galettes parfois, et on l'entend dans tout le magasin à gueuler sa réclame.
Vendredi. Travail... C'est éreintant. Un des ces mal de dos ! Carabiné !
Partout
dans le magasin, le son diffusé sort en mono. Je veux dire par là que
la musique couvre les voix. Ça fait bizarre et on redécouvre les
chansons qu'on avait l'habitude d'entendre. Parlons musique, David Guetta, Mika et C. Willem.
Quelle joie pour mes oreilles ! Ça tiendrais qu'à moi, je mettrais un
CD hardcore, qui fout le sang et qui donne envie de bosser en dansant.
Je sors un peu, c'est le Blues Passions. Mais c'est mort. Beaucoup de monde pour pas grand chose...
Samedi. Le Tour de France passe à Cognac
cette année. Le cyclisme, un sport propre... C'est pas la première
fois, mais ça demande une certaine mobilisation, la ville étant coupée
d'un bout à l'autre, quasiment.
Il n'y a vraiment personne dans le
magasin, alors que le samedi est toujours une grosse journée. Genre où
on peut pas modifier ses horaires, même si dans la semaine on a
travaillé plus, et qu'on ne voudrait pas dépasser les 36h45min (si on
dépasse, ça compte en heure supplémentaire, normal).
Je voudrais modifier mes horaires pour samedi prochain, en espérant que ça soit possible.
Au
moins, c'est pas chiant comme l'autre jour, ou cette mamie est venue me
demander du Xylophène. Je demande ce que c'est déjà, puis je vais voir
en réserve et je demande à mon chef. La dame veut un petit pot, pour
traiter une toute petite surface. Mais on fait pas les pots pour bébés.
Et oui, tu auras beau me demander quinze fois si je n'ai pas un petit
pot, et si on en recevra, mais non, je ne peux pas le matérialiser en
claquant des doigts.
Je lui dis pourtant que ça n'existe pas, mais
elle préférera repasser plus tard pour voir si on en a. Non, madame,
revenez dans une semaine si vous voulez, ça sera pareil.
Des entêtés parfois, c'est pas facile à gérer.
Quand il n'y a rien à faire, il faut faire du facing. Le facing, c'est une technique de rangement. On appelle aussi ça une avancée, et ça consiste à rapprocher les produits qui sont en rayons, le plus près possible de l'allée.
Aussi ça choque quand c'est le client qui me donne des
renseignements. Il cherche quelque chose, tu ne sais pas, et lui trouve
et viens te montrer le produit sous le nez. Ah... ok, merci...
Je saurais où ça se range, la prochaine fois.
Encore le Blues Passions ce soir, mais moi j'y vais pas, je suis trop fatigué par ce taf. Et j'ai encore mal au dos.
Dimanche. Repas de famille, et ma mère me voit fumer.
Elle le prend pas super bien, mais je lui dit que ça reste occasionnel.
Oui, je le sais, on me dit que ça commence toujours comme ça, en
soirée, ou exceptionnellement.
Je ferai gaffe, vraiment. C'est un jour de repos alors je dors. Plus qu'une semaine avant ma pause d'une semaine.
Lundi.
Un nouveau arrive dans le coin. Ce matin, on a pas grand chose à faire,
le travail est divisé en trois. Je prend en assurance. Je renseigne
beaucoup mieux les clients.
Satisfaction !
On me fait nettoyer la merde, j'ai l'impression qu'un de mes chefs me déteste.
J'aide
à peu près a part égale, une employée à faire du SAV, ce qui n'est pas
notre domaine, et une cliente nous donne un pourboire. Elle le donne à
l'employée.
Cette petite peste me regarde, me dit combien elle vient d'empocher, et je ne verrais pas la couleur d'un seul centime.
C'est pour le principe, j'aurais pas été là, elle n'aurait rien eu.
Le soir des potes passent chez moi, et ça me motive à bouger un peu.
On va à Saintes, au Salysbury's, et on papote tranquillement.
« Une fois que t'es défoncé, tu fais la chèvre. »
J'apprend avec effroi quand même, qu'une fille que je connais a disparue de la circulation...
On
rentre à la voiture, quand un couple d'amis se dispute. C'est le moment
que choisi une voiture de police pour s'arrêter et pour leur demander
de se calmer.
Un mot plus haut que l'autre et c'est parti, frein à
main, portières qui s'ouvrent, contrôle d'identité, talkie-walkie et
tout le bordel.
Ça se passe bien, faut pas broncher, vas-y fait ta
fouille corporelle, et non mon gars j'ai rien sur moi, dommage,
t'aurais aimé trouver un bout de teu-teu histoire de nous emmener au
poste. Mais tu va être obligé de nous relâcher parce qu'on a rien fait.
La politesse eux aussi ont leur a pas appris.
Sur le retour, ça fuse, pendant que je prend des notes.
Il y avait une policière parmi le binôme.
« Les policières, c'est des sexistes, d'la merde, c'est des connasses. »
« D'où vous me jugez ? Vous être frustrée ? Z'avez une sale tête ? »
« Vous avez des stupéfiants ? »
« Ba ouais. Je suis stupéfait par votre connerie. »
Mardi. Une journée fatigante, et je travaille de plus en plus seul. Preuve que mon boulot n'est pas si mauvais que ça, et que je me débrouille plutôt bien.
Je débauche tôt, à 17h, mais j'aimerais mieux débaucher plus tard pour avoir mon samedi.
Et
preuve que tout est négociable, je demande à la responsable des
horaires, sans passer par mon chef qui ne m'aime pas, pour demander
d'avoir quelques heures qui me seront ô combien précieuses, ce
week-end, et au lieu d'avoir un « non » catégorique, j'ai eu droit à un
« je vais voir ce que je peux faire ».
Faut
savoir faire preuve de culot parfois, et si ça ne marche pas,
j'envisage de taper plus haut, et de demander à ceux dans les bureaux.
Saisonnier
ou pas, je m'en fiche, je me fait assez exploiter comme ça, et quand la
raison est valable, et c'est le cas, je pense que je peux modifier mes
horaires.
Et ce soir, si j'avais su... MSN jusqu'à 3h du matin, puis je m'endors sereinement, un peu perturbé pour dire vrai, mais je trouve le sommeil assez facilement.
Mercredi. Jour de repos mais je dois me lever pour apporter la voiture au garage.
Douche, cheveux compris, et me voilà parti.
Je
fais la vaisselle, j'étend la lessive, je fais tourner une nouvelle
machine, je vais à l'hôpital tiens ! La semaine dernière j'ai pas pu me
faire dépister, alors cette semaine ça devrait être bon. Vacances
jusqu'au 19 Août.
Ils se foutent de ma gueule ?
Alors je vais aux
urgences et j'explique mon cas, et c'est limite si je me fais pas
renvoyer chier. Genre ce n'est pas une urgence car j'ai attendu une
semaine déjà.
Pauvre conne,
tu connais trop mal ton boulot. Imagine seulement j'aurais quelque
chose, et que ça ne se déclare que quelques semaines après, pour toi
c'est pas une urgence ?
Abrutie...
Pourquoi faire un test alors, si je sais que je n'ai rien ? Peut-être pour l'encadrer et pour dire « T'as vu ? Je suis pur, allez viens baiser ».
Mais non, je ne pense pas que ça soit pour ça. Ça n'est pas moi, ça ne me ressemble pas.
Alors
je vais chez mon médecin qui me fait une ordonnance et demain matin, je
devrai uriner dans un petit flacon, et j'aurais les résultats dans une
semaine, ce qui me semble bien long...
Mais je sais à l'avance les résultats. Alors deux jours ou un mois, peu importe.
Je fais du ménage, car je reçois du monde sous peu, et il faut que ça brille.
Un jour de repos, qui en fait, n'est pas de tout repos.
Je n'ai oublié aucun jour depuis le 21 février 2007.
100 articles, 162 jours. C'est terminé.
D'autres journées seront racontées, toujours ici,
et le chapitre 2 sera sur vomis-ma-vie.
Merci à tous et à toutes.
Marc CONSTANTIN (1er août 2007)
(Respectez les droits d'auteurs sur textes et photos, SVP. Rien ne remplacera votre propre créativité et vous n'en serez que plus récompensé et plus heureux !)
02 décembre 2007
Crap 101
Mardi 24 et Mercredi 25 Juillet 2007
La dure réalité du monde du travail. Travail saisonnier qui plus est, celui où on récolte toute la merde. Cette réalité, c'est de se lever le matin ! C'est dur !
À force de travailler, je commence à maîtriser la technique pour ne plus se faire emmerder :
Ne jamais regarder le client.
Il
est hésitant, il n'ose pas trop demander de renseignements, il voit que
je range le rayon alors il ne dit rien. Mais je sais que ça lui démange
la bouche de demander « Où sont les piles ? ».
Si mon regard croisait le sien, c'était foutu, il m'interrogeait.
Cette technique n'élimine pas tout le monde bien sûr, mais elle écarte les indécis.
L'autre jour, on m'a dit « Je te confie le Telxon, le perd pas ça vaut plus de 1000 euros. »
(Le Telxon
est un outil qui permet d'enregistrer des prix, en vue de faire des
étiquettes. On y enregistre aussi la casse, et prépare ses commandes.)
Et moi dans ma tête : «
Quoi ? Mais je ne veux pas la responsabilité d'un truc que si on me
vole ou que si je perd, coûte 1000 euros ! Garde-le ton Telxon ! ».
Longue séance cinéma, avec des amis. On se bouge pour Harry Potter et l'Ordre du Phénix.
Ce film ne respecte en rien l'œuvre de l'auteur, et c'est un vrai navet.
Les
scènes susceptibles d'éveiller mon œil endormi, ne m'ont rien faites.
Les combats sont trop fouillis, et comme se sont des moments clés du
roman, on s'en souvient. Et de voir à l'image, que le réalisateur à
pris le droit de détourner cet instant, fais bouillir.
Je file au lit, mais juste avant, un bonbon au miel...
Mercredi.
Blues Passion 2007
Jour de repos, et ça se sent ! Lever à 12h30, alors que mes potes jouent (Mogadisco bien entendu) à 13h30, place François 1er, en concert d'ouvertures du Blues Passions, le festival qui réunit les fans de blues, autour du blues (essentiellement). Festival cognaçais, ayant lieu chaque année, et qui rassemble des pointes du blues. Je n'en connais pas beaucoup, mais je sais que des grands noms sont passés ici, et passeront encore. Cette année, il y a Zucchero, Big George Brock, et il y a quelques années, Ray Charles est venu.
13h15 donc, je me met une pizza au micro-ondes, je l'emmène avec moi, enroulée de papier alu, et posée dans une poche (pour les non-charentais, une poche plastique c'est la même chose qu'un sac en plastique), et me voilà parti, les cheveux encore mouillés de ma douche rapide. Une douche rapide ne veut pas dire que je ne met pas de savon, juste que si l'expression « économie d'eau » a un sens, cet exemple l'illustre parfaitement !
Je retrouve des amis, et les membres du groupe, du mois une partie. Le saxophoniste / clavier ne sera pas là, il sera remplacé par 3 cuivres bien habitués, rencontrés la veille et qui connaissent les partitions déjà par cœur.
Peu de monde, en même temps avec un horaire comme ça, c'est pas simple.
Mais ça reste une excellente prestation, et ils s'habituent peu à peu à la scène.
Il y a une pause juste après. Certains vont prendre une glace, alors je les suis, et avec ma grande gueule enfarinée : « J'ai pas d'argent, mais ça serait possible d'avoir un sourire ? »
Ça fait mouche ! Et ça fait rire les copains aussi. Dont un qui me sort : « Mais ça sert à rien si tu va pas plus loin ! »
Mais
j'ai pas envie d'aller plus loin, je m'amuse juste, si je voulais aller
plus loin je l'aurais fais, et là, j'en avais pas envie. Encore heureux
que ça va pas plus loin avec chaque personne que je croise !
Sur le bord de la rue piétonne : « Une petite pièce contre un bisou », mais ça ne fait pas recette. Cognaçais avant tout ! Il y a des villes, et je suis sérieux, où les gens sont beaucoup plus cool et sourient à ce genre de farce urbaine.
Je change la phrase et ça devient « Une petite pièce contre un sourire », et là une dame se détourne et dit en plaisantant : « Je suis trop vieille ».
Mais non, alors je me lève, je la rassure et je lui tape la bise.
Tout le monde sourit, et c'est juste ça qu'il faut. Donner le sourire aux gens.
Si
parler aux inconnus, ça peut apporter du bonheur, même l'espace de
quelques secondes, c'est bon à prendre ! Je suis fou, ou inconscient,
ou juste décalé ? Oui, j'ai pas l'impression d'être en phase avec les
autres parfois. Pourquoi je fais ça ? Besoin d'être en perpétuel défi
avec moi-même ?
Ça me fait du bien, j'aime bien faire ce genre de choses, mais jamais tout seul, c'est l'effet de groupe qui produit ce truc.
Après
cette pause, c'est un autre groupe qui s'y colle, dont la carrière
décolle doucement, car déjà un album, et ce qu'ils font est vraiment
bon. The Washing Machine Cie.
C'est de la musique, vraiment. Un rock and blues des plus savoureux,
harmonica du feu de dieu, batterie déchaînée, voix sublime, basse et
guitare puissantes. Le tout très charismatique, ambiance blues bien
rendu, et les habits de scène collent très bien.
Pendant une heure ils vont jouer leur album et quelques autres morceaux de leur composition.
À la fin, comme il m'en faut toujours plus, je vais voir la chanteuse et je lui dis :
« Au lieu d'avoir une stupide dédicace, je pourrais pas avoir la bise ? »,
chose qu'elle m'a faite, avec le sourire. J'aurais aimé aussi serrer la
main ou embrasser les gars, mais j'ai plus de mal avec les garçons et
c'est plus gratifiant pour eux si ce sont des filles qui viennent leur
parler.
Je vais ensuite au centre de dépistage anonyme et gratuit, car dans mes conneries, je reste un minimum sérieux.
Pas de bol, c'est exceptionnellement fermé aujourd'hui. Alors ça sera la semaine prochaine.
Et le soir, vers 22h, je retourne en ville, au Globe, car le groupe rejoue. Et c'est super, encore une fois !
Je reste jusqu'à la fin, puis j'achète leur CD, car je suis tombé (presque) amoureux de ce groupe. The Washing Machine Cie, un nom à retenir !
La vendeuse m'a repéré, et elle me dit que je peux en plus prendre un badge, gentiment offert car « je suis dans le public depuis le début ». Merci mademoiselle.
La persévérance, ça paie.
Je met du temps à publier, mais je passe aussi 3 heures sur un article.
Cependant j'en suis remercié, car les visites reprennent de plus belle, et vos impressions aussi.
Marc CONSTANTIN (29 juillet 2007)
(Respectez les droits d'auteurs sur textes et photos, SVP. Rien ne remplacera votre propre créativité et vous n'en serez que plus récompensé et plus heureux !)

